Energy Day : viendez chez nous, ça va vous plaire. #2

10h15 : Mon nouveau stylo lumineux m’a amusé pendant 5 minutes, il est temps de trouver un nouveau moyen de s’occuper en attendant la popote, annoncée pour 11h45. Mon regard est attiré par le stand Energie hydraulique, domaine qui m’intéresse, bien que je n’aie pas envie de faire ça chez EDF. Dans le fond, un ingénieur hydraulicien, qu’il soit à EDF ou ailleurs, je me dis que le métier ne doit pas être bien différent.

10h25 : Mon regard croise celui d’un ingénieur, du genre jeune garçon innocent, qui commence à me déballer son discours bien huilé sur la qualité de sa vie d’ingénieur. Et combien c’est un renouveau permanent, et combien les structures sont à taille humaine, bla bla bla.

10h28 : Je commence à réaliser un point important : “tous les ingés hydros EDF vivent à moins de 15 minutes de leur lieu de travail”, “on est en contact permanent avec la nature”… Et comme moi, vous savez très bien que les barrages en plein centre-ville, ça ne court pas les rues, grosso modo, si je veux bosser pour EDF dans ce domaine, je dois accepter d’aller m’enterrer dans le fin fond du Cantal ou de la Moselle pendant 10 ans. NO WAY.

10h54 : Le petit bonhomme me tient encore la jambe. Je comprends bien, c’est son premier boulot et il bouillonne d’enthousiasme à l’idée de le faire partager à quelqu’un mais à l’entendre, on a l’impression que son quotidien c’est de vivre Into The Wild. Et ceci dit, vu la vie de reclus social qu’il mène, je le comprends un peu.

11h32 : Je quitte le stand hydro, après avoir entendu un drôle de type me vanter les mérites de la vallée de la Garonne. Je regarde ma montre et trouve intelligent de commencer à aller faire la queue au stand “bouffe”. En y repensant, je crois que c’est la faim qui m’empêche de raisonner correctement.

11h57 : Après avoir fait la queue pendant près d’une demi-heure avant qu’ils se décident à ouvrir, idée de génie, j’accède au buffet. Et je m’en colle jusque là, en me disant qu’ils ont bien fait de sauter le petit dèj, vu la qualité de ce qui suit.

13h05 : Burps.

14h10 : J’ai beau réfléchir, je ne trouve plus aucun intérêt à ce salon, je pense bien avoir fait le tour, et EDF n’a pas l’air motivé dans le grand jeu de la distribution de goodies, à croire que tout ça, c’est pas très développement durable. Un dernier coucou à la fille du vestiaire et je décolle.

16h15 : Je retrouve un pote devant la gare de Lyon et on se prend une bière en se marrant devant des syndicalistes qui ont du mal à comprendre que sans les fautes d’orthographe, leurs insultes envers les politiciens seraient prises avec plus de sérieux.

18h30 : Le train repart. Bilan de la journée : 1200 km et 4h de trajet pour un coût total de 170€ rien que pour le trajet, et une journée de 12h, and counting, tout ça pour avoir des informations qui auraient largement tenu dans un mail.

Energy Day : viendez chez nous, ça va vous plaire.

Jeudi, comme certains le savent déjà, j’étais au Energy Day, la grand-messe que EDF organise tous les ans pour faire sa pub, recruter du monde, présenter ses filiales et ses métiers, et j’en passe. Invité par EDF, qui m’offre le transport et la bouffe, je ne voyais aucune raison de refuser. En y repensant, j’aurais peut-être dû.

5h00 : le réveil sonne, Renan Luce et sa Fille de la bande essayent de me faire oublier que je n’ai dormi que 4h30, et que je suis parti pour une journée marathon, tant en temps qu’en kilomètres.

5h45 : Rendez-vous à 6h dans le salon d’embarquement où vous serez accueillis par nos hôtesses…” Les transports se sont bien goupillés, je récupère mes billets auprès des (charmantes) hôtesses, et jette un coup d’oeil à l’heure de départ… 6h42. Parfait, je n’ai plus qu’à trouver de quoi m’occuper pendant près d’une heure dans une gare Lyonnaise déserte.

6h40 : Le train est en gare, je monte dedans.

6h42 : Je m’endors, prêt à prolonger de quelques minutes ma nuit trop courte.

6h55 : Je suis réveillé par la discussion très animée et Ô combien passionnante d’autres élèves-ingénieurs sur un sujet que j’ai déjà oublié, probablement l’importance du dispositif de capture des neutrons rapides dans un réacteur nucléaire à fission. Bref, je serre les dents, les poings, je sors mon iPod et, Pink Floyd aidant, je prends mon mal en patience.

8h50 : J’embrasse la vie parisienne en m’engouffrant avec bonheur dans le métro, ligne 1 en pleine heure de pointe. Cette ville pue, comme la lie de la société qu’on a oublié de nettoyer, et à coté de laquelle les gens passent en détournant les yeux. Un bouquin, pour éviter d’y penser, et direction la Villette.

9h45 : Check-in au salon d’EDF, j’enfile ma panoplie du petit ingénieur, avec badge et bloc-note à la clé, et refile mon manteau à un hôtesse tout aussi charmante que celle de la gare. On ne pourra pas leur enlever ça : ils ont bien bossé le relationnel logistique.

10h : Premier contact avec le salon. Premier constat : je suis vraiment sapé comme un touriste. OK, j’ai pas de grandes prétentions et j’attends rien de ce salon, mais j’aurais au moins pu mettre une chemise. Second constat : les enfoirés, ils n’ont même pas prévu un petit-déjeuner, et j’avoue que, parti de chez moi à 5h30, je comptais un peu dessus. J’ai plus qu’à me ronger les ongles en attendant midi… Tiens, un stand qui distribue des stylos qui font de la lumière, génial. J’ai à peine posé la main dessus qu’une fille m’accoste (forcement…) : “Hi, are you interested in Energy trading in Asian countries ? - Oh, je regrette, je ne parle pas anglais.”

Sur ce je me tire, il est 10h10, le salon est à peine commencé que, la fatigue aidant, je n’ai envie de rien d’autre qu’un café, et pas un discours sur le CO2 produit par le Laos. La journée va être longue.

A suivre


Suck my g33k.

Toi aussi, si tu as fini par tomber sur ce blog, tu fais surement, comme moi, partie de cette nouvelle catégorie transverse de la population, après les blondes, les gothiques et les bobos, que l’on appelle les geeks.

Un geek, c’est quoi ?

Il existe un certain nombre de points pour lesquels on peut vous qualifier de geek :

  • Vous aimez les jeux-vidéos, au point de vouloir les finir plusieurs fois à 100%, et d’en acheter les produits dérivés, t-shirts, peluches et bandes originales.
  • De manière générale, vous êtes fans de la culture japonaise, et vous parlez le japonais couramment, ce qui vous évite d’attendre les sous-titres quand sort un nouvel épisode de Bleach…
  • … car bien sur, vous êtes fan de mangas et de comics, ou graphic novels, ou peu importe comment vous appelez ça.
  • Si vous rencontrez un problème dans votre vie quotidienne, la première solution qui vous vient à l’esprit commence par “int main();”.
  • Vous jouez à WoW (critère incontournable).
  • Vous connaissez tout de Asimov, Dick, Bradbury et les autres.
  • Vous avez un compte sur Twitter, Facebook, YouTube… (voir paragraphe suivant)

Do you sp34k geek ?

Le geek tel qu’il est défini aujourd’hui a complètement ré-inventé sa manière de communiquer avec le monde. On passera sur le 1337 (comprenez le “leet”), alphabet consistant à remplacer des lettres par d’autres caractères, avec plus ou moins de ressemblance, et on s’attardera plus sur les moyens de communication façon 2.0 qui ont donné aux geeks leurs lettres de noblesse.

Parler, c’est hyper has been. Et ça, le geek l’a compris. Lui, il communique sur Twitter, ou IRC, si c’est vraiment urgent (le premier qui me parle de MSN…). Pour lui, pas de différence, de toute façon il a développé lui-même un client multi-protocoles pour switcher de l’un à l’autre, comme ça, pas d’ennuis. De manière générale, il a pris l’habitude  de se servir de son ordinateur comme de sa porte principale ouverte sur le monde. Il ne regarde plus la télé, ne va plus au cinéma : les sites d’actus lui permettent de rester au top, et le reste, il le télécharge (légalement, bande de médisants…). D’ailleurs, il suit ses séries tv sur les sites US, et a bien souvent 2 longueurs d’avance sur le commun des mortels.

Et quand sa soif de communication n’est pas assouvie, il paraît même que certains d’entre eux ouvrent un blog sur Tumblr, mais ça c’est une autre histoire…

Vu sur IRC (source : DansTonChat.com)
Blackout : 3, 3, 3, 3, 3, 3, 3
Ninou : Tu fais quoi ? :D
Blackout : 3, 3, 3, 3, 3, 3, 3
Blackout : 3, 3, 3, 3, 3, 3, 3
Ninou : ?
Blackout : 3, 3, 3, 3, 3, 3, 3
Ninou : TU FAIS QUOI BORDEL ?
* Ninou was kicked by -Tari- (Ninou, surveille ton langage !)
Blackout : 4, 4, 4, 4, 4, 4, 4
Lucky hard-ons are bio-degradable, I thought, because I was throwing a lot of them away.
Stephen Clarke, A year in the Merde
Hier j'étais étudiant, aujourd'hui je suis jeune actif.

On dira ce qu’on voudra, mais c’était quand même mieux avant. Rappelez-vous, quand vous étiez chez Maman, sans avoir à gérer les courses, le ménage, la bouffe ou les impôts. Loin de tout, dans ce joli petit cocon bien aménagé, vous étiez un vrai petit prince, malgré le panneau “Sens Interdit” que vous aviez pris le soin de coller sur votre porte de chambre, entre le poster de Nirvana et le drapeau Anglais punk à souhait.

Et là, vous ne le savez pas encore, mais vous faîtes la plus grosse connerie de toute l’espèce humaine : faisant fi de toute recherche de stabilité, vous décrochez votre Bac et prenez votre indépendance. Attention, notre cabine vient de subir une brusque dépressurisation. Vous claquez la porte de chez Maman, le poster et l’Union Jack sous le bras, fonçant tête baissée dans la période la plus improbable de votre vie : la vie étudiante. Coincé entre vos 18 et vos 25 ans, le regard pétillant et la fleur au fusil, vous vous installez dans une grande ville, louez les 20 m² les plus chers de toute votre jeune vie et apprenez en moins d’un mois les 943 façons d’accommoder des restes de pâtes. C’est officiel, vous entrez dans l’age où on a le plus de temps libre, et le moins de thunes pour le combler.

Les bières qui remplissent le bac à légumes de votre frigo et la collection de sauces Panzani qui ornent vos étagères en disent long sur votre nouvelle hygiène de vie, et pourtant vous n’avez jamais autant eu la pêche. Le point chaud de la semaine se situe le Jeudi soir, rendez-vous hebdomadaire des énergumènes de votre espèce où vous vous chargez, et bien… de vider votre bac à légumes. Vous dormez quand vous devriez bosser, bossez quand vous devriez dormir, votre vie de rêve étant parfois ponctuée de stages, comme des coups de défibrillateurs qui vous rappellent un peu à l’ordre.

Et un jour, c’est fini. On range les posters, on accroche des pèle-mêles de photos, on remet des légumes dans le bac à légumes, on se lève chez soi le matin, on se couche chez soi le soir, la société de consommation reprend ses droits pour profiter de votre salaire de jeune diplômé. On a beau se réjouir d’être arrivé au dernier tour du manège, parfois on donnerait tout pour gagner un tour gratuit.

Comme je le disais, c’était quand même mieux avant…

Si Neo est l’élu, c’est parce que Chuck Norris a voté pour lui.
Astique tes Chromes, petit, on part à la chasse au renard.

Cette semaine, pour d’obscurs motifs, j’ai installé sur mon PC la dernière version de Google Chrome, décision pour le moins difficile s’il en était, à l’heure où tout le monde (moi le premier, jusqu’à Jeudi…) ne jure que par Mozilla et son renard de feu. Et là, c’est le choc à tous les niveaux.

Premier constat : c’est joli. Oui parce que bon, le coup de l’interface hyper-épurée, d’autres s’y sont risqués, et parfois, on a furieusement l’impression que les budgets étaient trop serrés et qu’il a fallu virer le graphiste. Là, non. Les onglets apparents en haut de la fenêtre n’empiètent pas sur la fenêtre de navigations, la barre d’adresse est super fonctionnelle, mais j’y reviendrai, et la barre de favoris… ah ben tiens ? Mes favoris Firefox ont été importés automatiquement ? Hum, pourquoi pas…

Deuxième constat : ça tourne très bien. La bête se lance plus vite que Firefox 3.5, consomme moins de ressources, voila pour les constats objectifs. Mais concernant la navigation elle-même ? Comme d’habitude chez Google, on a plein d’idées. La barre d’adresse est plus qu’une simple barre d’adresse, là on a une vraie barre de navigation. Entrez une URL, vous accédez au site (c’est la moindre des choses, mais pas évident chez tout le monde, cf. Int**n*t Expl*or*r…), mais si vous entrez un mot clé, il vous lance une recherche… sur Google, évidemment. Mieux, si vous commencez à entrer une URL, il vous fait des propositions automatiquement basées sur Google Search… Encore mieux, si vous vous placez sur l’une de ces propositions de site, tiens, à tout hasard, fr.wikipedia.org/, et que vous pressez “Tab”, qu’à cela ne tienne, vous pouvez maintenant rechercher des mots clés directement sur le site en question…

Bref, tout un chacun l’aura compris, Chrome, c’est de la baballe. Mais pas seulement, en fait. Être un outsider, ça a du bon, mais le souci, c’est qu’on vous prend pas au sérieux tout de suite, surtout lorsque vous représentez 0,7% des utilisateurs. Et donc, sur pas mal de sites, le moteur de rendu fait un peu n’importe quoi (les pages impossibles à scroller, la liste déroulante qui apparaît à 15 bornes de l’endroit souhaité, et j’en passe…) mais dans l’ensemble on est quand même sur du très correct.

En fait, je dirais que Chrome a pour principal inconvénient la présence de Firefox en face, et passer de l’un à l’autre, c’est un peu comme quitter votre femme pour votre maitresse. Il vous faudra au moins une petite période de transition où, l’esprit coupable, vous passerez de l’un à l’autre en attendant de pouvoir vous lancer et switcher définitivement. Ou pas. Rendez-vous à la sortie de Firefox 3.8…

Une console portable sert à autre chose que dresser un dalmatien virtuel.

Je ne sais pas pour vous, mais aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours été fan des consoles portables de Nintendo. De la première GameBoy (mais si, le monstre gris de 3 kilos avec son écran noir et vert et sa petite ampoule rouge…) aux toutes dernières DualScreen (DS de leur petit nom), je pense les avoir toutes eues en main, au moins une fois.

Comme pour toutes les consoles, ce qui en fait le succès, c’est le catalogue de jeux, et à l’époque, je me souviens que les petits gars de chez Nintendo faisaient fort, entre les Tetris, les Mario et autres Zelda, on avait franchement de quoi se rouler par terre. Et là, après s’être pris en pleine tronche la vague Pokemon que personne n’avait vue venir, on ne se doutait pas qu’allait bientôt émerger un nouveau type de joueur, qui a failli faire s’écrouler tout le gaming-business : l’immonde Casual Gamer.

Mais si, vous le connaissez forcement, c’est celui qui achète la Wii pour faire du sport (hu hu hu…) et pense tout connaître parce qu’il a fini deux fois Cooking Mama. Mais fronce les sourcils dès qu’on évoque Super Smash Bros ou Metroid. Bon, passons sur l’énergumène, après tout le casual gaming, s’il est discutable sur ses coté “80% de marketing, 20% de souci du jeu lui-même”, peut être un bon moyen d’amener tata Françoise ou tonton René devant un écran, et c’est pas si mal. Mais là où je coince un peu, et j’en reviens au sujet principal, c’est lorsqu’on voit que le catalogue DS s’est vu refourguer une pelleté de casual games qui vampirisent complètement la concurrence.

Alors ok, ça ne coûte rien à développer, des bouses pareilles, mais quand j’ai acheté ma DS, je ne vous cache pas que j’avais d’autres aspirations que de faire une simulation de vétérinaire, évaluer l’age de mon cerveau, ou jouer au Texas Hold’Em contre un adversaire con comme un mulet. Soyez un peu sérieux, messieurs Nintendo, vous êtes capables de pondre des perles comme les Mario, Professeur Layton ou Zelda, alors foutez un peu la paix à Léa et sa passion pour le cheval, virez vos consultants en vie animalière et en cuisine, et embauchez des scénaristes, des level-designers… faites nous des vrais jeux, quoi !

Mieux vaux fermer sa gueule et avoir l’air con plutôt que l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet !
Tata Suzanne. Ou n’importe quelle autre personne sensée, d’ailleurs.